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 Marie

LE BRONX




A l’Est de la riviere de Harlem (voir « Harlem ») s’etend un quartier similaire ou s’elevent non pas des gratte-ciels mais de vieux immeubles de briques rouges avec des escaliers metalliques qui grimpent le long des facades, c’est le Sud du Bronx. La reputation du Bronx est telle que les habitants du Nord du Bronx, qui ne connaissent pas les difficultes des quartiers au Sud, designent plutot le lieu ou ils vivent par le nom de leur quartier specifique si bien que, de facon habituelle, « le Bronx » designe de facon restreinte la partie Sud. Ces escaliers de secours rappellent que le feu devastait regulierement des immeubles dans le quartier jusqu'à des annees recentes, laissant un paysage d’immeubles calcines en ruines au milieu de terrains vagues. La violence et la drogue regnaient dans les rues. Les proprietaires eux-memes declenchaient des incendies pour recuperer au moins le montant de l’assurance de leurs immeubles invendables dans ce quartier. Les locataires s’y mettaient parfois eux-aussi pour recuperer une aide financiere attribuee aux habitants sans abri a cause d’un incendie. Jusqu'à aujourd’hui, les primes d’assurance-incendie sont, on le comprend bien, 5 fois plus elevees que dans les autres quartiers et constituent l’une de nos plus grandes depenses.

Quand les freres sont arrives en avril 1987, ils ont donc trouve un quartier abandonne au feu et aux gangs. Depuis, la police et les pompiers ont repris le contrôle de la situation. Une caserne de pompiers s’est d’ailleurs installee juste a cote des freres apres leur arrivee puis un commissariat au croisement de l’avenue de Melrose et la 156eme rue ou la Communaute a ete fondee dans le presbytere d’une paroisse polonaise abandonnee. Les freres ont sans doute eu leur petite part dans l’amelioration generale d’une facon tres simple : si vous renovez votre maison et plantez quelques fleurs, votre voisin est encourage a en faire autant ; si vous apportez un peu d’espoir en ouvrant un centre pour les jeunes, en visitant les familles, en offrant un peu d’aide, si vous temoignez de Dieu, ne serait-ce qu’en silence par votre habit religieux, votre voisin reprend lui-aussi confiance en Dieu, dans la mesure ou vous vivez dans les memes conditions que lui, et tout peut commencer a changer.

Le Bronx reste un quartier difficile. La violence et la drogue n’ont pas disparu. Les meurtres ne sont pas rares. Des fresques sur les murs rappellent la memoire des victimes. Mais ce n’est pas l’Enfer ! Les immigrants au teint mat ou cuivre, venus de plus en plus nombreux d’Amerique latine, se melent aux habitants d’origine africaine installes depuis longtemps. Les affiches et la conversation dans les rues sont donc aussi bien en anglais qu’en espagnol. La foule afflue dans les avenues commercantes. On s’interpelle, on prend son temps. On entend certes les sirenes de la police ou des ambulances et l’etrange beuglement des voitures de pompiers mais aussi la petite musique du marchand de glaces qui repasse inlassablement a la belle saison et l’echo joyeux des rythmes latino-americains. Les terrains vagues sont transformes en jardins communautaires entretenus et surveilles par des volontaires comme les terrains de jeux ou se pratique le basket bien sur ! On trouve enfin des eglises de toutes sortes dans presque chaque bloc d’immeubles.